Bornéo
  

Bornéo

, le 20/07/2012

 

Bornéo


Troisième plus grande île du monde, Bornéo est (pour l'instant) une immense jungle peuplée d'animaux d'exception.


L'habitat naturel de l'orang-outan, qui nous paraît si familier, est presque exclusivement sur l'île. L'éléphant pygmée, le proboscis (singe au gros nez), le rhinocéros de Sumatra, la panthère à taches, de très nombreuses espèces ont trouvé ici leur habitat unique. Ajoutez y des oiseaux d'exception et une flore extraordinairement variée et luxuriante, et la carte postale est complète.

Probocsis

 

Kingfisher

 

Cet écosystème est pourtant en danger. La déforestation bat son plein, afin d'y substituer les plantations de « palm tree ». Les politiciens locaux poussent l'exploitation à son paroxysme, afin de faire rentrer des devises dans le pays (et dans leur poche), tant la demande mondiale d'huile de palme paraît sans limites.


Il n'est par contre pas question de blâmer qui que ce soit. Notre situation économique fait que nous considérons ces terres privilégiées comme des réserves naturelles qui devraient être préservées. Pour les indigènes, ces terres sont leur unique moyen d'obtenir du profit. C'est simplement ce qu'ils font. Il semblerait toutefois que, comme souvent, les plantations ne profitent qu'à quelques fortunés, sans résoudre en quoi que ce soit le problème du chômage puisque les propriétaires terriens font venir de la main d'oeuvres meilleur marché des Philippines ou d'Indonésie.

Kinabatangan River


Nous nous sommes immergés en pleine jungle, dans deux campements différent.


Le premier, Uncle Tan, a pour doctrine que ses visiteurs doivent s'adapter à la jungle, et non pas adapter la jungle au confort du visiteur. Il en ressort une expérience magnifique, où notre côté douillet est resté dans le dernier hôtel. Après plus d'une heure de bateau sur la rivière Kinabatangan, vous apercevez des huttes, sans fenêtres ni portes, comportant cinq paillasses avec chacune une moustiquaire. That's it ! Des toilettes, à quelques dizaines de mètres, ornent le tout. N'oubliez pas de remplir un seau d'eau avant de vous y rendre ! Moustiques, crapauds, macaques, rats, les surprises sont nombreuses dans la hutte ! Le hurlement de 1h00 du mat', c'est la finlandaise de la hutte d'à côté qui, nous racontera-t-elle le lendemain, a trouvé un rat dans sa paillasse ! Plus routard, tu meurs !

 

Hutte de l'Oncle Tan, avec Tata Caro !


Il n'en demeure pas moins une ambiance fort agréable, aidée par des guides exclusivement locaux, et M. Lan, le chef cuisinier, qui dispense un inoubliable et improbable cours de cuisine malaisienne au milieu de la jungle !

Un élève attentif !


Guillermo « Guichermo en argentin » voyage en Asie pour apprendre la cuisine locale et ouvrir un restaurant asiatique au Mexique. Au programme, plus tard, une école de cuisine à Bangkok et un stage de trois mois au Japon. Guillermo fait tout et parle tout le temps. Il joue au foot avec les locaux, donne des recettes de cuisine aux espagnols, drague tout le monde, explique à Caro que l'Argentine est « magnifique mais que le problème c'est les argentins » (il n'a pas marqué un point là), il te demande comment tu vas, et quand tout le monde part, il fait semblant de faire semblant de verser une larme, mais je crois qu'elle était sincère.


Les journées sont faites de sorties dans la jungle, à pied ou en bateau, à a découverte des très variées faune et flore locale. Une aventure magique...


Après une nuit de repos méritée à Sandakan, petite vile à l'extrême orient de la Malaisie, cap sur le Last Frontier Resort, qui propose un logement un peu plus confortable. Il faut toutefois d'abord escalader 550 marches d'escalier, depuis la rivière en contrebas, pour gagner le camp. Kirt, le proprio, explique que pour ne pas perturber la vie animalière locale, il vaut mieux s'éloigner de la rivière, au contraire des autres camps...

Last Frontier but not last comfort...


Kirt vient du plat pays, qui n'est plus le sien. Il a débarqué il y a 6-7 ans à Kuala Lumpur, sans le sou, et de fil en aiguille, s'est associé à un malaisien pour monter ce camp, à Bornéo. Kirt est un des chefs de file pour la préservation de Bornéo. Très remonté contre les autorités, peut-être un peu aveuglément, il lutte à sa manière, la douce, pour tenter de changer (un peu) les choses.


Avec quelques autres camp similaires, une fondation a été crée. Chacun verse 10 ringgits (trois francs) par visiteur, il en résulte une manne financière très importante, peut-être un demi million de ringgits. L'idée serait alors de racheter du terrain planté de palmiers, de s'en débarrasser et de planter de... la jungle ! Ben oui pas con le Kirt. Par la suite, chaque visiteur pourrait acheter un mètre carré symboliquement de ce nouveau terrain, ce qui permettrait d'en racheter un autre. Un peu utopique tout ça, mais diablement volontariste, et basé sur une capacité financière réelle. Il faudra mettre le prix bien sûr, « money talks », comme dit Kirt, mais ils y croient.


Le programme n'étant pas encore en place, pas possible pour nous d'acheter un lopin de terre. Nous n'avons dû nous rabattre sur l'adoption d'un orang-outan, Galison, huit mois. Contre un paiement annuel, nous recevrons des nouvelles tous les six mois, état de santé, état civil, photos, etc. C'est une goutte d'eau, certes. Les orangs-outans ne sont « plus que » 24'000, cela paraît beaucoup, c'est bien plus que la quarantaine de rhinocéros de Sumatra encore en vie. Mais au vu de la vitesse de déforestation, l'orang-outan a été de longue date placé dans la catégorie des espèces en danger. A ce rythme, les spécialistes s'accordent pour estimer l'extinction de l'espèce vers 2030.


Bornéo, c'est beau, mais c'est fragile.

 

 

 

 


 

Commentaires

 Olivier
ça a l'air trop bien votre voyage. Vous nous mettez l'eau à la bouche. Profitez bien et on se réjouit de lire la suite
 Christine
Merci pour ce récit magnifique! J'adore vous lire! Si Juliette vous accompagnait ces jours, à leur vues, elle vous aurait fait grâce de son premier mot avec trois syllabes: Papillon! Un abrazo!
 Valou
Fabuleux tout simplement, j'imagine d'ici les insectes oufffff et bravo pour galison j'adore.... biz bonne continuation à vous deux.
 Loric
Tout simplement magnifique!! Merci
 Cathi
Magique! Merci pour vos récits, vos photos, suis heureuse pour vous! Gros becs aux 2



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